mardi 7 octobre 2008

Défense de la véhémence


L'écologisme a débuté de manière souvent véhémente. Des précurseurs comme Henry David Thoreau (photo) aux mouvements, notamment antinucléaires, des années 70, le ton était volontiers musclé.

Les ONG sont ensuite devenues de plus en plus fréquentables en baissant le ton et en optant pour des stratégies de collaboration avec les milieux politiques et économiques. Ce sont au contraire les partisans de l'exploitation aveugle de la planète qui sont devenus outranciers.

En optant pour une plus grande respectabilité, les mouvements et les personnalités écologistes ont vu juste. Mais on doit aussi se demander si cette "zen attitude" ne devrait pas être mise parfois entre parenthèses.

Les coups de gueule et de poing sur la table à la façon Franz Weber ou Edmond Kaiser ont aussi du bon. Pour autant qu'elle soit bien ciblée, la véhémence est nécessaire dans ce monde cacophonique où il est plus difficile que jamais de faire entendre sa voix.

Véhémence n'est cependant pas violence. Pour conserver sa crédibilité et son efficacité, l'écologisme doit pratiquer la non-violence absolue.

Les pourfendeurs de l'écologisme n'attendent en effet que le premier dérapage pour lancer une chasse aux sorcières. Ils voient d'ailleurs déjà de l'écoterrorisme partout, ce qui est le comble du cynisme dans la mesure où ce sont bien les militants écologistes qui, par milliers, ont payé et paient encore de leur vie ou de leur liberté leur engagement en faveur de l'environnement.

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